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La tuberculose en Belgique : toujours d'actualité

Au début du siècle dernier, la tuberculose était un problème de santé publique important en Belgique. Suite à l’amélioration des conditions de vie, la maladie a commencé à décroître progressivement. La  découverte de médicaments antituberculeux efficaces après la seconde guerre mondiale a également contribué à contrôler la maladie. La décroissance s’est poursuivie jusqu’au début des années 1990. Depuis lors, la diminution du nombre de nouveaux cas de tuberculose s’est ralentie (cfr. Figure 1).  Depuis 2006, environ 1.100 nouveaux cas de tuberculose sont déclarés annuellement.

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Une partie importante des cas de tuberculose en Belgique (environ 24%) se recrutent dans certains groupes de population dits à risque :  demandeurs d’asile, illégaux, sans-abri et autres personnes précarisées (cfr Tableau 1).

Tableau 1.   Fréquence des groupes à risque parmi 6.440 patients tuberculeux enregistrés en Belgique en 2005 et 2010
Groupe à risqueFréquence
Demandeur d’asile10,9%
Illégal7,1%
Détenu2,2%
Sans-abri2,0%
Toxicomane
1,7%

Ces groupes sont souvent confrontés à des obstacles qui empêchent l’accès aux soins de santé.  Par conséquent,  un traitement adéquat ne peut leur être délivré.  La prise journalière de plusieurs antibiotiques antituberculeux pendant un minimum de 6 mois est pourtant essentielle pour guérir la tuberculose.  Par ailleurs, les patients qui ne se traitent pas constituent un danger pour la santé publique car ils peuvent rester contagieux et contaminer leur entourage.   

Les patients traités de manière inadéquate requièrent  une attention toute particulière. Ils courent en effet le risque de développer une tuberculose dont les bacilles seront devenus résistants aux médicaments standards. Ces germes répondent alors plus difficilement au traitement classique. Lorsque le diagnostic de tuberculose multirésistante est posé (il s’agit de la forme la plus grave de résistance) d’autres médicaments (moins efficaces, plus toxiques et dont certains ne sont pas disponibles en Belgique) doivent être prescrits et la durée du traitement  doit être prolongée de plusieurs mois.

La contamination de la collectivité par des bacilles tuberculeux multirésistants est bien entendu possible ; pour les experts en santé publique il s’agit d’une  « bombe à retardement » car les sujets infectés aujourd’hui sont les réservoirs des tuberculoses multirésistantes du futur.  En Belgique, 1 à 2% des malades tuberculeux sont infectés par ce type de bacille.

Vous trouverez des données plus détaillées concernant la tuberculose en Belgique dans les rapports épidémiologiques annuels du FARES, téléchargeables sur le site www.fares.be